Taïwan enlève le mot "Chine" de ses timbres
03/01/2007
Photo: Gulf-Times
Les autorités de Taïpeï ont décidé de publier un nouveau timbre-poste pour commémorer le 60e anniversaire d’un massacre de 28 000 Taïwanais le 28 février 1947 par les troupes nationalistes chinoises. La particularité de ce timbre est que le mot “Chine” n’y est plus inscrit.
Après avoir changé au début du mois le nom officiel du service des postes de “poste chinoise” en “poste de Taïwan”, la décision de lancer un nouveau timbre sans le mot “Chine”, pourrait bien irriter Pékin.
Ces changements de dénomination démontrent la volonté des autorités de Taïwan de vouloir affirmer leur identité propre et donc de se mouvoir vers une indépendance que Pékin refuse catégoriquement.
Le président taïwanais, Chen Shui-bian, a lui même demandé la publication de ce nouveau timbre car il estime que l’île doit abandonner ses références à la Chine et “rectifier” son nom pour se présenter comme un pays souverain.
À Pékin, le gouvernement chinois observe attentivement les faits et a d’ores et déjà prévenu qu’il ne resterait pas sans rien faire si Taïwan recherche une indépendance formelle ou si elle repousse indéfiniment la réunification avec la Chine continentale.
La Chine et Taïwan sont séparées depuis 1949 mais Pékin considère l’île comme faisant partie intégrale de son territoire et voudrait voir une réunification prochaine, par la force s’il le faut.
Le timbre est officiellement paru pour commémorer un massacre qui s’est produit le 28 février 1947 lorsque les troupes nationalistes chinoises, dirigées par le maréchal Tchang Kaï-check, ennemi des communistes qui régnait sur la Chine après l’occupation japonaise, ont réprimé violemment une foule de 18 000 à 28 000 Taïwanais. En 1949, Tchang Kaï-check a fui sur l’île pour échapper aux troupes communistes et a régné en maître pendant plusieurs décennies.
Hier, lors de son discours de commémoration, Chen Shui-bian a déclaré que “les faits historiques ont été dissimulés trop longtemps” et qu’”aucune réconciliation n’est possible s’il n’y a pas de vérité”. Il a ajouté qu’une enquête devrait être lancée pour faire la lumière sur les faits exacts de cette répression de 1947, chose que le parti nationaliste (Kouomintang), au pouvoir jusqu’en 2000 et héritiers de Tchang Kaï-check, s’est toujours refusé à faire.
Lundi, Chen Shui-bian avait déjà affirmé que le Tchang était le principal responsable du massacre et que Taïwan devrait effacer toute l’influence qu’il a pu avoir sur l’île.
Or, ce sont bien les Kouomintangs qui représentent le mieux le lien entre Taïwan à la Chine.
Source: DPA, Le Monde