Bird, les mobiles volants identifiés par Sophie Faure
02/10/2007 - Marion ZipfelLes tribulations des entreprises chinoises expliquées par Sophie Faure.
Cette semaine, Sophie Faure nous explique comment Bird, une entreprise du Zhejiang est devenue en sept ans le leader chinois des constructeurs de portables avant de voir sa position s’effriter avec l’arrivée des concurrents étrangers non anticipée.
Bird est une entreprise très intéressante dans un marché très représentatif des batailles qui peuvent se livrer multinationales et entreprises chinoises émergentes où il faut toujours anticiper le coup d’après.
Bird a été créée en 1992 dans le Zhejiang, à Ningbo. L’entreprise commence avec la production de pager (les chinois étaient très friands bien avant nous des tatous, vous vous souvenez ?). En 1999, Bird se lance dans les portables en 2000, elle est côtée à Shanghai et… jusqu’il y a très peu de temps Bird était le numéro un chinois sur le marché du portable. Mais que de péripéties pour en arriver jusqu’à là.
Il faut savoir que jusqu’en 1999, près de 100% du marché était dominé par les acteurs étrangers. Cette année là,le gouvernement accorde quelques licences d’exploitation, dont une à Bird qui devient le n°1 des producteurs chinois. Cela préfigure d’ailleurs de l’émergence d’une industrie chinoise du mobile… et ce contre toute attente. Motorola, Nokia, Alcatel sont pris de court par une petite vingtaine de producteurs chinois, qui en 2003 raflent plus de 50% du marché. Et ce en moins de quatre ans, avec une cible non sur le haut de gamme mais dans les campagnes.
Comme on pouvait s’y attendre, la riposte est claire,
A la fois, les acteurs internationaux vont même jusqu’à attaquer les Chinois sur les marchés en pratiquant une véritable guerre des prix mais aussi en lançant de nouveaux modèles. Le manque d’anticipation face à cette arrivée des constructeurs étrangers plonge les industriels chinois dans une crise sans précédent. En 2004, le leader national Bird avertit que ses ventes seront inférieures d’environ 30% à ses prévisions (en volume 13 à 14 millions de combinés).
Mais la partie n’est pas finie. Bird fait partie des entreprises dont on pense qu’elles vont se sortir des difficultés avec honneur. Pour l’instant, l’entreprise annonce des résultats positifs au conditionnel. Pour endiguer le recul, Bird comme ses concurrents se tourne vers l’exportation.
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